dimanche 20 octobre 2013

Isabelle Bauer, la philoménale éditrice :)

Aujourd'hui est un jour très spécial...



Je me glisse dans la peau d'une journaliste-détective et vous dévoile les quelques secrets qu'Isabelle Bauer a bien voulu nous livrer.

Prénom : Isabelle
Nom : Bauer
Particularités : complètement philoménale du soir au matin
Métier : éditrice, éditions de jeunesse Philomèle


Entretien 


Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ? De vos études ?

J’ai fait des études de Lettres modernes tout en commençant à travailler pour des éditeurs généralistes : j’ai fait des lectures de manuscrits, des comptes-rendus pour les comités de lectures, des réécritures, du « ghost writing ». Par la suite, après un long passage dans la presse parentale, je suis revenue à l’édition.

Vous vous êtes tournée vers l’édition jeunesse en 2009. Quel a été le déclic ?

Le souvenir d’un rêve ancien, le sentiment d’être prête à le réaliser et un peu d’argent de côté.

Quelle serait votre vision de la maison d’édition idéale ?

Je ne pense pas qu’elle puisse exister. A titre personnel, l’idéal serait de continuer comme je le fais jusqu’à présent, c’est-à-dire garder mon indépendance, continuer à travailler « en équipe » avec les auteurs/illustrateurs, à être émerveillée par leurs talents.

Vous avez été journaliste, cette profession a-t-elle changé votre vision du monde éditorial ? Que vous a-t-elle apportée mis à part des qualités rédactionnelles et d’analyse ?

Non, elle n’a pas changé ma vision du monde éditorial. En dehors, il est vrai, d’un enrichissement sur le plan de l’écriture, j’y ai appris beaucoup sur le développement de l’enfant puisqu’une grande partie de mon travail consistait à interviewer des spécialistes dans ce domaine.

Comment créer une ligne éditoriale ? Quelles ont été vos sources d’inspiration (maisons d’édition, albums, rencontres…) ?

Mes sources d’inspiration sont une passion-fascination pour le langage, sa créativité, sa plasticité, ses subtilités, sa grammaire… C’est donc tout naturellement que s’est imposée l’envie de proposer des histoires jouant sur le langage, sur ses sonorités, ou d’une belle exigence littéraire. Je pense d’ailleurs que les enfants sont très exigeants: découvrir, apprendre, développer sa pensée, c’est une pulsion de vie. C’est la raison pour laquelle, également, je préfère les histoires de fiction, qui ouvrent à l’imaginaire et donnent de l’espace à chaque enfant pour déployer le sien, à sa façon et selon ses besoins. Le « prémâché » me hérisse, c’est-à-dire ces livres comportant dix mots de vocabulaire de peur que le petit lecteur ne les comprennent pas tous. Ou qui traitent d’un quotidien que les parents sont plus à même de discuter avec leur enfant.
En ce qui concernent l’esthétique, ma mère a fait les métiers d’art, peint toute sa vie, se passionnait pour les couleurs et disposait d’une bibliothèque regorgeant d’ouvrages d’art. Incontestablement, cela m’influence dans mes choix d’illustrations.

Comment avez-vous appris le b.a.-ba de l’édition ? (livres, rencontres, emplois dans des maisons d’édition…)

De mes expériences passées chez les éditeurs pour lesquels j’ai travaillé, j’ai acquis des notions sur les rouages du monde de l’édition et sur l’éditorial. Le reste, c’est-à-dire les questions de fabrication, de gestion, de mise en page, etc., résultent d’un apprentissage solitaire.

Est-ce un plus d’être autodidacte ?

Absolument ! Tout ce qui s’apprend par soi-même se retient bien. Et toute erreur ne peut être imputée à quelqu’un d’autre, ce qui favorise réflexion et remise en question. En outre, je pars du principe que le jour où il me sera possible d’embaucher, je serai plus à même de savoir ce que je veux et peux demander à la personne.

Comment choisissez-vous vos auteurs et illustrateurs ? En fonction de quels critères ?

Pour leur authenticité, leur sincérité dans leurs œuvres, leur capacité à créer un univers bien à eux qu’ils savent partager. Ils sont capables d’une grande proximité instinctive, naturelle avec le lecteur, sont exigeants tant dans le sujet qu’ils traitent que dans le travail lui-même.

Comment sélectionnez-vous les manuscrits ?

Au coup de cœur émotionnel, sensoriel, et intellectuel. Mais il m’est arrivée de renoncer à des projets que je trouvais magnifiques et de grande qualité parce qu’ils étaient trop éloignés de ce que je publie habituellement. Construire un catalogue demande une certaine cohérence dans les choix qui sont faits.

Vous travaillez seule, comment s’organise-t-on ? Comment travaille-t-on de chez soi ?

J’ai toujours aimé travailler seule. Plus efficace, plus rapide. Et j’aime la solitude pour ses vertus créatives. Côté organisation, je ne suis pas un modèle du genre… Disons que j’ai appris à faire le tri entre les urgences.

Y a-t-il des règles à mettre en place afin de conserver une certaine discipline dans son travail ?

Une seule en ce qui me concerne : à l’heure du premier café, le matin, visualiser les premières urgences du jour ! Et les garder en tête car la méthode de faire des listes ne marche pas chez moi. 

Comment combinez-vous vos deux métiers d’éditrice et d’auteur jeunesse ? Avez-vous actuellement le temps d’écrire ? En ressentez-vous le besoin ?

Je me sens bien plus éditrice qu’auteur jeunesse. Mes propres textes sont anciens et je n’ai plus le temps d’écrire. Oui, cela me manque.

Comment avez-vous créé votre réseau professionnel ? Uniquement par le biais de salons du livre ? Et avez-vous le temps de l’entretenir ? Comment ?

Petit à petit, de rencontres en rencontres, y compris virtuelles, sur le Net. Les salons sont souvent de magnifiques occasions de discussions, de prises de contacts. Par ailleurs, j’utilise les réseaux sociaux. Mais je n’ai pas beaucoup de temps à y consacrer. Enfin, les premiers temps surtout, j’ai beaucoup visités de libraires. Des liens solides se sont tissés avec certains d’entre eux.

Publier pour les enfants est un acte fort, que souhaitez-vous leur transmettre ?

Le plaisir, d’abord, d’une balade de mots en mots et d’image en image. J’espère également que, sans en avoir l’air, chaque ouvrage puisse répondre à leur curiosité, nourrir leurs réflexions, leur imaginaire… J’imagine chaque livre comme autant de petites portes que les enfants choisissent d’ouvrir, ou pas. C’est sûrement très ambitieux ! La lecture stimule la pensée, et la pensée est indispensable à la construction de soi. Mais comme on ne peut développer sa pensée sans le support du langage, on en revient à la ligne éditoriale de Philomèle… Esthétique comprise, car elle est aussi une forme de langage.

Pourquoi avoir choisi le nom Philomèle ?

J’aime les oiseaux. Le nom complet du rossignol est « rossignol philomèle ». Ceci en référence au mythe grec « Procné et Philomèle », une histoire de deux sœurs que les dieux sauvent d’un horrible bonhomme en les transformant en oiseaux. La mythologie grecque est passionnante ! Et j’aime beaucoup mes sœurs.

Comment avez-vous choisi votre diffuseur ?

Une rencontre, lors d’un salon, à une époque où je souhaitais justement changer de diffuseur. J’ai eu la chance qu’il se soit arrêté sur le stand de Philomèle et que les ouvrages lui aient plu.

Que pensez-vous de la production éditoriale jeunesse actuelle ? Qu’est-ce-qui vous plaît ou vous déplaît ? Qu’aimeriez-vous changer ?

Elle est particulièrement prolifique ! On y trouve le pire comme le meilleur, même si je déplore personnellement certaines publications que je trouve particulièrement laides ou sans intérêt, il y en a pour tous les goûts. Donc, c’est une bonne chose, même si l’éditrice déplore toute cette concurrence… Plus précisément celle des gros éditeurs qui inondent le marché au dépend des « petits », chez qui on trouve pourtant de vraies merveilles. Si j’avais le pouvoir de changer certaines choses, je ferais en sorte que les petits éditeurs indépendants puissent bénéficier d’une meilleure visibilité et qu’ils soient vraiment défendus en librairie, ce qui n’est pas toujours le cas. Je ne jette pas pour autant la pierre aux libraires car bon nombre sont en situation de survie. Il faudrait un engagement politique fort pour la défense des librairies indépendantes.

Que pensez-vous des livres numériques pour les enfants ? Pensez-vous qu’ils remplaceront un jour le livre papier ?

Non, je ne crois pas que les livres numériques remplaceront les albums papier. L’un et l’autre peuvent se compléter, s’enrichir mutuellement, pourvu que l’on continue à faire des albums de qualité et que la lecture numérique ne devienne pas un « joujou » mais soit un vrai support à la lecture, avec les enrichissements qu’elle peut apporter à celle-ci. Il n’est même impossible d’imaginer que les livres numériques favorisent à terme les ventes des albums papiers.

Que pensez-vous du devenir de l’édition jeunesse ?

Je suis optimiste : le plaisir de la lecture est inépuisable…

Merci à Isabelle Bauer pour ses réponses sincères et captivantes. Je reprends ma peau d'étudiante en édition et j'espère que cette rencontre vous a intéressés. N'hésitez pas à visiter le site des éditions Philomèle ici pour en apprendre davantage sur les albums, les auteures et illustratrices :) 


lundi 16 septembre 2013

Une rentrée colorée !

..................... De toutes les couleurs ! .............................


Une belle rentrée avec Philomèle et sa jolie coccinelle multicolore !
Du bout du doigt, on suit Cocci... De page en page, d'aventure en aventure, d'un bout à l'autre du jardin ! Elle est maligne et pleine de pois ! Elle tourbillonne entre les fruits colorés, ricoche entre les dessins et en suivant ses petits pas chaussés de bottines qui galopent, on apprend petit à petit le graphisme et l'écriture...

Si vous aussi vous voulez suivre Cocci et ses aventures c'est par là 



jeudi 6 juin 2013

Simon et Naslat, Hélène Rice et Ninamasina : une histoire d'amour tête-bêche

"J'ai fait ma liste d'amoureux et sur cette liste, il n'y a que toi. Parce que je suis amoureuse de toi, voilà pourquoi..." (Naslat).

Simon et Naslat est un petit album illustré qui se lit à l'endroit, puis à l'envers. On découvre dans un premier temps les pensées secrètes de Simon, un petit garçon amoureux qui se rêve oiseau pour mieux approcher Naslat à l'école primaire. Ses pensées rejoignent celles de Naslat au cœur du livre. En retournant l'ouvrage, Naslat livre elle aussi ses sentiments à l'égard du petit garçon. C'est l'âge où l'on tombe amoureux, mais où cela ne se dit pas... Et où nous attendons le fameux jour, où armés de courage nous oserons...

Les illustrations de Ninamasina sont épurées et subtiles. Des oiseaux, des tâches d'encre, une entaille rouge vif lorsque Naslat se coupe, des fleurs, des arbres... L'illustration est à l'écoute des battements de cœur des deux enfants. Elle se plonge dans le regard de l'un puis de l'autre et dans leurs univers. 

Le texte n'a pas un mot de trop. Il évoque avec sensibilité la classe, la difficulté à avouer ces sentiments naissants que l'on ne maîtrise pas. Proche d'un poème, rêveuse, la plume d'Hélène Rice rappelle à quel point il est agréable d'être amoureux, mais aussi comme c'est compliqué. Cet album tout en délicatesse donne aux enfants les clefs pour parler des sentiments, de l'amour, de la timidité. De la primaire aux premières années du collège, le sujet peut les concerner ou les intriguer. 

Si vous souhaitez faire entrer un peu d'amour dans votre foyer
c'est par ici

"Parfois j'aimerais être un oiseau. Discrètement, sans qu'elle me voie, je volerais au-dessus de ses pas. Je pourrais même picorer les miettes de son goûter" (Simon).

mardi 14 mai 2013

Petit point définition : Les Incos

 Qu'est-ce que les Incos, ou Incorruptibles ?




C'est l'association du premier prix de littérature jeunesse décerné par les lecteurs de la maternelle à la seconde. Les enfants lisent les livres sélectionnés par les comités de lecture départementaux constitués d'enseignants, bibliothécaires, libraires, bénévoles... Puis ils proposent leur propre opinion et votent pour leur coup de cœur. Cette participation a lieu dans les classes, les établissements scolaires, les bibliothèques ou les centres de loisirs.

L'association les Incorruptibles a été créée par des libraires en 1988. Françoise Xenakis en est la présidente d'honneur. De plus en plus d'enfants participent et votent, des projets locaux voient le jour dans de plus en plus de départements grâce aux nombreux partenaires.

Le fil rouge de Géraldine Collet et Cécile Hudrisier fait parti de la sélection 2013, 2014, niveau maternelle.

Si vous souhaitez en savoir plus, c'est par ici





lundi 13 mai 2013

Mon ami imaginaire (c'est pour bientôt...)

Mon ami imaginaire

Laurie Cohen, Sandrine Kao.

"Il paraît que les papas ne partent jamais vraiment. Même quand ils ne sont pas là"


C'est l'histoire d'un petit garçon qui attend que son papa rentre de la guerre. Il entreprend une correspondance avec un drôle d'ami imaginaire, qui lui donne la force et le courage de patienter en gardant Espoir.

Véritable travail d'artiste, tant au niveau des illustrations que du texte épistolaire poétique et touchant, la mise en page se veut authentique et on y croit. L'écriture manuscrite du petit Tom et les morceaux de papier déchirés ou les spirales de cahier pourraient provenir d'une vieille malle de l'époque et retranscrire le passé d'un enfant pendant la guerre. Les lettres du petit garçon, naïves et courageuses et celles de l'ami imaginaire, rêveuses et chaleureuses se font écho dans une ambiance douce et personnelle. Petit à petit se tissent entre eux des liens indestructibles. Des pages muettes, dans lesquelles seule la mer s'exprime, librement, invitent à la rêverie et nous font participer à l'attente. Elles symbolisent l'état d'esprit de Tom.

On ouvre l'album et on savoure cette magnifique histoire avec une admiration empreinte d'une certaine pudeur. Le sujet n'est pas facile à traiter, mais Laurie Cohen et Sandrine Kao le font avec une sincérité et un optimisme salvateur qui éloigne le livre de toute forme de pathétique et le rend accessible aux enfants. L'album est émouvant et on se laisse transporter avec plaisir dans cet univers chimérique qui évoque pourtant un sujet encore actuel et nécessaire d'aborder avec les plus jeunes. 

Cet album sera bientôt disponible dans vos librairies.

vendredi 10 mai 2013

Attention, elles arrivent bientôt ! Les mouettes !

Mouettes, les vacances ! 

Géraldine Collet, Caroline Pistinier

 


Il fait encore gris et froid dehors... Heureusement, elles arrivent, je les vois voler au loin dans le ciel et foncer droit sur nous ! Les plumes sens dessus dessous, les pattes encore pleines d'encre, il faut encore patienter avant qu'elles ne soient fin prêtes. Leur sortie est pour bientôt et on est à l'affût...

Mouettes, les vacances est un beau projet, et des heures d'entraînement pour dessiner les mouettes dans tous leurs états !
Des mouettes qui n'ont pas leurs becs dans leurs poches nous présentent l’envers du décor des vacances à la plage ! Crème solaire, vagues et sable chaud, bande de mouettes rigolardes et petites aventures de vacances sont réunis pour le plaisir des petits et des grands. On découvre les mouettes comme on ne les a jamais vues et plus jamais on ne les regarde comme de vulgaires oiseaux ! Leur vie est loin d'être si facile, entre les juillettistes et les aoûtiens, elles n'ont pas une seconde de répit ! Quelle vie de mouette ! Cet album est une collection de petites scènes de vacances amusantes, entre l'album et la bande-dessinée. Les mouettes livrent leur hilarante vision des hommes et nous font prendre un certain recul ! Le texte sympathique et plein d’entrain de Géraldine Collet et l’univers graphique de Caroline Pistinier vous amuseront durant les après-midi plage. Installez vos serviettes et votre parasol, c’est l’été avant l’heure !

mardi 7 mai 2013

Une petite boucherie pas comme les autres :)

Aujourd'hui, je me suis rendue rue Monge à Paris à la librairie jeunesse La Petite Boucherie. Joli quartier, tout proche des arènes de Lutèce, au soleil. La librairie est très charmante et propose des ateliers pour les enfants le dimanche matin. Très colorée, on y trouve des livres, des albums illustrés, des cartes postales, des petits grigris, des peluches, des sacs... Une petite caverne d'Ali Baba ! Les genres de livres sont indiqués sur les étagères avec des lettres de scrabble ! Je ressors émerveillée de ce petit havre de paix :) En espérant y retourner bientôt et reconnaître les ouvrages de Philomèle dans les rayons... On croise les doigts !