dimanche 21 avril 2013

Interview au salon du livre du Plessis-Robinson partie 1 : L’enfant qui n’aimait pas rêver Lorraine S.-Heymes





  Le conteur tome 1 : L’enfant qui n’aimait pas rêver Lorraine S.-Heymes (auteure)


L’enfant qui n’aimait pas rêver est votre premier roman jeunesse. Pourquoi avoir choisi d’écrire pour les enfants ?

Le besoin d’écrire m’est venu après la naissance de mon fils. J’ai eu envie de lui écrire une histoire, il avait alors 3 mois et de réaliser mon rêve afin de ne pas le lui faire porter.

Comment avez-vous trouvé un éditeur ?

J’ai envoyé une dizaine de manuscrits, notamment au Seuil et à l’Ecole des Loisirs. L’Ecole des Loisirs a apprécié et m’a conseillé d’autres maisons d’édition plus adaptées à ce genre de roman.

Quel est votre parcours professionnel ? Vos études, votre métier ?

J’ai passé un baccalauréat A1, puis j'ai fait un DEA lettres modernes et psychanalyse ainsi qu'un DESS de psychopathologie clinique. Je travaille désormais en psychiatrie et j'ai mon cabinet pour les enfants, adolescents et adultes.
J’ai toujours été une grande auditrice d’histoires et une lectrice assidue. Petite, je dictais déjà des histoires à mes parents. J’ai toujours écrit, c’est un besoin. Mon mémoire de recherche m’a permis mes premiers longs écrits, j’ai rédigé des articles de journaux puis ce manuscrit pour mon fils.

Comment construire un personnage comme Ulysse ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Il y a bien longtemps, j’ai écrit deux pages sur une petite fille pour ma demi-sœur. Quand mon fils est né, ce personnage m’est revenu. J’avais besoin de prendre mon temps. La maison des grands-parents  et la remise existent et m’ont inspirés. J’écris au fil de la plume, la construction du texte est en partie imprégnée de mes précédentes élaborations de mémoire. Heurtée par les enfants qui n’aiment pas lire, je pense qu’il est indispensable d’avancer avec la conscience de son passé, de ses origines. Il est possible d’entrer dans sa propre histoire via la mythologie, de se construire par rapport aux contes. 

Ce roman encourage à croire encore aux histoires, aux contes et légendes, pensez-vous que l’on grandit trop vite et que ce roman est en quelque sorte une façon détournée de rester dans l’enfance et ses rêves ? 

Pour moi, grandir signifie continuer à croire, espérer, rêver. Le rêve est un support pour la réalité, comme les arts, cela permet de rester en contact avec soi-même. L’imaginaire est la vie.

Ce roman fantastique est très littéraire dans son écriture et les sujets évoqués. Est-ce une volonté de votre part ? 

Oui, j’avais la volonté de faire quelque chose de très littéraire, accessible, mais exigeant. Un bon niveau adapté aux enfants. Je pense qu’il faut transmettre les mots aux enfants afin de leur permettre d’exprimer ce qu’ils ressentent, leur donner les clefs.

L’idée d’une trilogie vient de vous ? Comment travaillez-vous ? Avez-vous les plans précis de votre histoire que vous rédigez ensuite ? 

Ma façon de travailler vient de mes mémoires et articles précédents qui implicitement structurent mes récits. L'idée de la trilogie est venue petit à petit. Je me suis rendue compte que deux tomes ne suffiraient pas... L'histoire a grandi au fur et à mesure. Elle continue toujours d'ailleurs... J'écrivais au fil de la plume. Au bout d'un moment, j'ai commencer à faire lire à ma sœur et nous en discutions. Elle a beaucoup soutenu ce projet.

Que pensez-vous de la mise en page originale et très épurée pour un roman ado ? Des illustrations ?

Cette mise en page est un choix partagé avec l’éditrice. J’ai travaillé avec un ami illustrateur. Tous trois nous partageons un attrait pour ce côté épuré, à l’opposé des romans adolescents racoleurs et tous semblables. Nous voulions considérer les enfants comme des grands, et le blanc laisse une marge à l’imaginaire, une grande liberté d’interprétation.